Thématique | Affaires sociales et santé
Régime socio-fiscal des indemnités de rupture de contrat de travail
22 mai 2026
Au moment de la rupture du contrat de travail à l’initiative de l’employeur (licenciement, mise à la retraite) ou des deux parties (rupture conventionnelle), le salarié a droit à une indemnité.
9,0 Md€ ont été versés au titre des indemnités de rupture de contrat de travail à durée indéterminée en 2024 (dont 5,1 Md€ pour les licenciements et 3,9 Md€ pour les ruptures conventionnelles), bénéficiant à 811 000 salariés.
La loi définit un montant plancher à cette indemnité. Pour les ruptures conventionnelles et les licenciements, c’est un quart de mois de salaire brut par année d’ancienneté et un tiers pour les années après dix ans d’ancienneté, sauf si la convention collective est plus favorable.
Le salarié et l’employeur peuvent d’un commun accord prévoir un montant supérieur au plancher. 57 % du montant des indemnités est versé à des cadres, qui négocient davantage le montant de leur indemnité.
Ces indemnités sont pour partie exemptées d’impôts et de cotisations car elles ont vocation à réparer, au moins partiellement, un préjudice subi par le salarié du fait de sa perte d’emploi.
L’incidence pour les finances publiques du régime d’exemption est estimée à 1,3 Md€ dont 0,3 Md€ de moindres recettes fiscales et 1,1 Md€ de moindres cotisations et prélèvements sociaux.
Ces régimes se sont complexifiés depuis 2000, ont perdu en cohérence et traitent de façon différente des situations proches, sans lien avec le préjudice subi. Quatre catégories de prélèvements (impôt sur le revenu, cotisations sociales, prélèvements sociaux, forfait social spécifique à certaines ruptures) s’appliquent dans des conditions différentes selon le motif de rupture ou ses conditions, ce qui donne lieu à sept régimes différents. Cette situation favorise des comportements d’optimisation fiscale.
Même si le régime d’exemption bénéficie à tous les salariés concernés, le fait que les plafonds d’exemption fiscale soient élevés profite à une faible proportion d’entre eux.
Dès lors, la mission considère qu’une évolution du régime actuel d’exemption devrait se fixer comme objectif une mise en cohérence des règles, par l’harmonisation et le nivellement des différents plafonnements.
Concernant les ruptures conventionnelles, la mission rappelle que :
- 80 % des ruptures conventionnelles se substitueraient à des démissions ou sont des ruptures qui n’auraient pas eu lieu en l’absence du dispositif, mais les études reposent sur des données datées (2014 au plus tard).
- Mais leur introduction a probablement pacifié les relations de travail et fluidifié le marché du travail.
- L’effet du régime socio-fiscal est secondaire par rapport à l’indemnisation du chômage pour les salariés et à la gestion du risque contentieux pour les employeurs.
La mission envisage trois scénarios :
- au minimum un alignement des plafonds d’exemption de l’impôt sur le revenu sur les plafonds sociaux (100 M€ de recettes fiscales supplémentaires) ;
- une diminution des plafonds fiscaux et sociaux, soit au niveau du plafond annuel de la sécurité sociale (PASS ; 700 M€), soit au niveau des indemnités légales ou conventionnelles (470 M€).
Ces scénarios sont privilégiés à une hausse de 30 à 40 % de la contribution patronale sur les indemnités de ruptures conventionnelles, qui ne permet pas la mise en cohérence du régime, maintien une complexité source d’optimisation pour les plus hauts revenus, et pourrait aggraver les distorsions selon le mode de rupture.
Les modifications proposées porteraient principalement sur les indemnités dont le montant est fortement supérieur aux minima prévus par la loi. Les ouvriers, les employés, les femmes, les jeunes et les faibles salaires seraient moins affectés.
La mission préconise aussi de :
- mettre fin à certains traitements dérogatoires permettant des optimisations fiscales (indemnités forfaitaires de conciliation devant les prud’hommes, indemnités de transactions) ;
- introduire des plafonds à certaines exemptions aujourd’hui déplafonnées (rupture conventionnelle collective) ;
- mettre en cohérence le traitement des indemnités versées à l’occasion d’un départ à la retraite.
Page 5 sur 44
-
L’investissement des collectivités territoriales
04 septembre 2024
Les collectivités territoriales ont conforté ces dernières années leur place de premier investisseur public, à hauteur de 58 % du total. Leurs dépenses d’équipement s’élèvent à 54 Md€ en 2022. L’État est le principal cofinanceur de cet effort, avec près de 10 Md€ en 2022.
-
Mission transversale de méthode sur les domaines d'intervention de l'État et les outils d'intervention publique
04 septembre 2024
Dans le cadre de la mise en place d’un dispositif d’évaluation de la qualité de l’action publique prévu par la loi de finances pour 2023, l’IGF a mené une mission transversale explorant les bonnes pratiques à mettre en place pour les revues de dépenses.
-
Masse salariale et achats et charges externes des collectivités territoriales
04 septembre 2024
Lire le rapport (mise à jour des chiffrages en mai 2024)
L’Inspection générale des finances a été saisie d’une mission de revue de dépenses relative à la masse salariale et aux achats et charges externes des collectivités. Après plus de 180 entretiens et rencontres avec une cinquantaine de collectivités, il en ressort ce qui suit :
-
Revue de dépenses du Fonds national d’action sociale de la branche Famille, hors petite enfance
04 septembre 2024
La branche Famille de la Sécurité sociale contribue au financement de structures et de services à destination des familles (crèches, centres de loisirs, centres sociaux, lieux d’accueil enfants/parents…) par l’intermédiaire d’un fonds spécifique appelé Fonds national d’action sociale (Fnas), pour un total de 6 Md€ de dépenses en 2022.
-
Modalités de financement des Centres de formation des apprentis (CFA)
04 septembre 2024
À la suite de la loi du 25 septembre 2018, l’apprentissage a connu un essor inédit avec une augmentation de 160 % du nombre total d’entrées annuelles entre 2018 (321 000 entrées) et 2022 (837 000 entrées).
-
Revue de dépenses relative à la réduction des absences dans la fonction publique et les opérateurs
04 septembre 2024
Les absences pour raison de santé ont connu une hausse généralisée, dans la fonction publique et dans le secteur privé, à partir de 2020. En 2022, ces absences se situaient à des niveaux plus élevés dans la fonction publique (14,5 jours d’absence par an par agent) que dans le secteur privé (11,7 jours par salarié) alors qu’elles se situaient à des niveaux comparables sur la période 2014-2019 (autour de 8 jours par an).
-
Revue des dépenses publiques d’apprentissage et de formation professionnelle
04 septembre 2024
La loi n° 2018-771 du 5 septembre du 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel a permis de libéraliser l’offre de formation en apprentissage et a réorganisé le paysage de la formation professionnelle en facilitant l’accès à la formation continue. En conséquence de ces évolutions, la dépense nationale a connu une augmentation de 51 % depuis 2020 pour atteindre 32 Md€ en 2022, l’État en étant le principal financeur.
-
Revue de dépenses Affections de longue durée - Pour un dispositif plus efficient et équitable
04 septembre 2024
Le dispositif des affections de longue durée permet le remboursement par l’assurance maladie obligatoire des tickets modérateurs afférents aux soins et prestations en rapport avec ces affections. Créé dès l’origine de la sécurité sociale, ce dispositif a pour objectif de protéger les assurés contre des restes à charge élevés, notamment dans le cas des maladies chroniques.
-
Revue de dépenses Les dispositifs de soutien à l’emploi et à l’accompagnement des demandeurs d’emploi
04 septembre 2024
La mission réalisée par l’IGF et l’IGAS a porté sur une quinzaine de dispositifs de soutien à l’emploi et d’accompagnement des demandeurs d’emploi ainsi que sur les dépenses de fonctionnement et d’intervention du service public de l’emploi, soit un périmètre financier représentant 7,8 Md€ de crédits budgétaires en 2024.
-
Revue de dépenses Les dispositifs en faveur de la jeunesse
04 septembre 2024
Depuis 2017, en parallèle de dispositifs dédiés (Pass Culture, service national universel, tarifs des CROUS, etc.), les ministères de l’Éducation nationale et de la Jeunesse mais aussi de l’Enseignement supérieur, ont jouit de moyens en sensible augmentation.
Page 5 sur 44








